• Léo Chupin

MIXAGE : Entrainement/Confinement 2020 Part I

J’ai mis à profit le temps pendant le confinement pour affuter mes techniques de mix, expérimenter de nouvelles approches, ou encore tester de nouveaux plugins. Je profite ces derniers temps d’une petite pause dans mes sessions en studio pour les partager ici !


Je me suis donc attaqué aux multitracks Telefunken qui ont l’avantage de proposer quelques performances de très bon artistes, très bien enregistrées, et avec de très bons micros ! Que demande le peuple ?


Les prises de sons de Telefunken sont plutôt bonnes, voire très bonnes (voire même excellentes !) mais leurs mix sont minimales, très live, pour cette série d’entrainement, je me suis fixé comme objectif de les rendre très produits, vivant, dynamiques, avec du punch.

Malgré des autocritiques inhérentes au métier d’ingénieur du son consciencieux que je suis, je suis assez satisfait de ces mix surtout si on les compare aux mix « live » des vidéo postées par Telefunken.


Holly Bowling


Holly Bowling est une pianiste américaine notamment connue pour ses arrangements pour piano solo du groupe Phish ou des Grateful Dead. Vous pouvez la retrouver ici : https://www.hollybowling.com/


Sur la vidéo d’origine, j’ai trouvé le piano très dur, presque agressif (probablement un Yamaha ! ^^). Il faut dire qu’aux Studios de Meudon je suis habitué au Steinway et au Fazioli, qui sont préparés aux petits oignons, donc la plupart des pianos me semblent… décevants !


La pianiste Holly Bowling propose des arrangements piano de chansons folk 70’s (Neil Young, Duane Allman…), j’ai donc cherché à proposer un mix très éthéré, comme si j’étais dans un rêve et que je l’entendais à l’autre bout d’une grande maison victorienne dans le sud des Etats-Unis par une chaude matinée d’été…ou de confinement ! Oui je suis allé un peu loin, mais n’est-ce pas à ça que sert le mixage : à créer un cadre dans lequel la chanson pourra s’exprimer pleinement ?


Je n’ai donc pas utilisé les micros les plus proches (au dessus des marteaux, très « durs »), ni les suivants (un couple de micros très proches a dû avoir un problème d’installation au moment de l’enregistrement car la piste stéréo est en fait mono : les aiguës et les graves sont au milieu, ce qui abîme complètement l’image stéréo. Il ne me restait plus que deux couples de micros d’ambiance et de room ! Néanmoins, ça a été très agréable à mixer !


J’ai donc gardé les micros les plus éloignés et aie décidé de proposer un mix assez réverbéré pour adoucir l’ensemble pour donne ce côté éthéré. Avec le recul, je me dis que j’y suis peut-être allé un peu fort… ou finalement pas assez… Je trouve également que les notes aiguës sont toujours un peu agressives mais tel est le piano et telle est la prise de son…C’est aussi un choix qui a été fait par l’artiste et l’ingénieur de prise qu’il faut respecter…




Nikola Stajic & Vasilis Kostas


Nikola Stajic est un guitariste américain qui a fait la Berkley school et qui s’inscrit dans le mouvement des guitaristes acoustiques instrumental comme Tommy Emmanuel, avec qui il a notamment joué. Il joue ici une de ses compositions avec l’oudiste Vasilis Kostas.

Vous pouvez les retrouver ici :http://www.nikolastajic.com/ http://www.vasiliskostas.com/


Un mix exigeant : pas facile de remplir un mix avec juste une guitare et un Oud ! Il faut leur donner à la fois de la définition, de l’équilibre et de l’espace : tout se voit, on ne peut rien cacher, et dès qu’on change un paramètre, tout le mix change ! J’ai fait de mon mieux avec les outils et l’expérience que j’avais à ce moment là pour obtenir un mix dynamique avec du mouvement.


On a donc un micro pour chaque musicien (et quels micros ! ELAM251 et AR51 !) plus un couple d’ambiance (M260s). On est donc limités dans les possibilités et les choix à proposer en termes de panoramiques ; j’ai donc suivi la disposition des musiciens dans le couple d’ambiance.

Le travail d’automation a été assez exigeant: la prise de son et le mixage implique que l’on doive retranscrire ce que font les musiciens en live : ils se laissent de la place, s’écoutent, se mettent en avant… Avec une simple prise de son tout ça est mis à plat et il faut recréer cette alchimie au moment du mixage. Je trouve toujours la guitare pas assez forte, mais c’est comme ça : un grand ingénieur du son a dit un jour qu’un mix fini c’est un Polaroïd, un instantané de l’avancée du mixage et qu’on pourrait indéfiniment le changer et l’améliorer, mais il faut accepter, à un moment donné, ce qui a été fait à cet instant. Et avancer.


La suite au prochain épisode…

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